{"id":136,"date":"2023-01-22T15:08:03","date_gmt":"2023-01-22T14:08:03","guid":{"rendered":"http:\/\/www.grappilles.fr\/?p=136"},"modified":"2023-01-25T14:25:53","modified_gmt":"2023-01-25T13:25:53","slug":"lettre-a-ferdinand-chaigneau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.grappilles.fr\/index.php\/2023\/01\/22\/lettre-a-ferdinand-chaigneau\/","title":{"rendered":"Lettre \u00e0  Ferdinand Chaigneau"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"163\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.grappilles.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Lettre-F-Chaigneau-face-2-300x163-1.jpg?resize=300%2C163\" alt=\"\" class=\"wp-image-137\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Paris le 9&nbsp;novembre&nbsp;1870<\/p>\n\n\n\n<p>Monsieur le Pr\u00e9sident,<\/p>\n\n\n\n<p>Craignant que les Prussiens ne r\u00e9pandent dans vos communes les bruits les plus sinistres sur ce qui se passe \u00e0 Paris, je crois bien faire de vous informer des \u00e9v\u00e9nements qui ont un peu agit\u00e9 la ville depuis dix jours. On vous a dit peut-\u00eatre que la Commune r\u00e9volutionnaire r\u00e8gne sur Paris avec Blanqui et Falain&nbsp;? Pyat pour ministres et Flaurazins pour g\u00e9n\u00e9ralissime. La v\u00e9rit\u00e9 est, que les personnages susdits ayant \u00e9prouv\u00e9 l\u2019irr\u00e9sistible besoin de faire parler d\u2019eux et surtout de bien boire et de bien manger aux frais de l\u2019H\u00f4tel de Ville, ont trouv\u00e9, bon lundi dernier de se promener sur les tables, de briser les fauteuils et de jeter des bouts de papiers portant leurs noms par toutes les fen\u00eatres, pendant que les plus forcen\u00e9s gardaient \u00e0 notre brave et honn\u00eate gouvernement Ajust\u00e9 plusieurs fois Trochon a \u00e9t\u00e9 effleur\u00e9 par une balle. Il a eu la patience et la sagesse admirable d\u2019attendre et de se fier au patriotisme de la garde nationale qui l\u2019a d\u00e9livr\u00e9, sans qu\u2019une goutte de sang n\u2019ait \u00e9t\u00e9 vers\u00e9e. Les braves tir\u2026 ailleurs de Flaurens se sont enfuis penauds et tremblants, les uns jetant leurs armes, pendant que leur vaillant chef oubliait son cheval. La chose a dur\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 2&nbsp;heures du matin, heure \u00e0 laquelle Tronchin a pu passer en revue 8&nbsp;000 gardes nationaux accourus \u00e0 son appel. On avait battu la g\u00e9n\u00e9rale de 8&nbsp;heures \u00e0 minuit, papa \u00e9tait parti comme vous pensez bien, voir le premier, jugez la jolie nuit que nous avons pass\u00e9e l\u00e0, gr\u00e2ce \u00e0 messieurs les commis vineux. Nous avons eu l\u2019occasion d\u2019apprendre dimanche par un prisonnier comme Fontainebleau est bien meubl\u00e9. Quatre r\u00e9giments de la garde&nbsp;! Quelle chance mes seigneurs&nbsp;! On vous fait bien de l\u2019honneur et grande doit \u00eatre votre satisfaction&nbsp;; aussi votre abondance de vivre est facile \u00e0 comprendre quand on sait que vous \u00eates les fournisseurs principaux de Versailles. Nous avons \u00e9t\u00e9 rassur\u00e9s cependant sur le sort de votre ambulance&nbsp;; il nous a \u00e9t\u00e9 assure qu\u2019on ne faisait pas de mal aux maisons pouvant prouver leur d\u00e9pendance r\u00e9gularis\u00e9e de la soci\u00e9t\u00e9 il est seulement probable que vous vous \u00eates fort approvisionn\u00e9 de Prussiens, l\u2019imprim\u00e9 ci-contre comme en acte expressions des sentiments parisiens. Pour ma part je ne suis pas f\u00e2ch\u00e9e du tout qu\u2019il n\u2019y ait pas d\u2019armistice, et bien des gens sont de mon avis heureusement. Car nous sommes pretou pour Fabius Lunctator l\u2019aura prouve avec \u00e9clat. Un d\u00e9cret de ce matin mobilise toute la garde nationale. Les volontaires Inscrits et les c\u00e9libataires sont assimil\u00e9s \u00e0 la garde mobile. Les autres formeront la r\u00e9serve. Je suis s\u00fbre que vous regrettez de n\u2019\u00eatre pas rest\u00e9 \u00e0 Paris, maintenant que la garde nationale un r\u00f4le si utile. La commission artistique vient de couvrir les murs d\u2019affiche faisant appel aux artistes pour la loterie nationale et sign\u00e9e&nbsp;; les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s Moissinnier, Garnier, Baudry, Toulmonde, Bida, Chaigneau, Tcharkosky, au fond de votre nid \u00e0 Prussiens, sinon pr\u00e9sident \u00eates vous content&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il y a dans votre commune des pauvres gens en peine de leurs enfants bless\u00e9s et prisonniers, dites-leur de bonne source qu\u2019ils sont tous bien trait\u00e9s en Allemagne&nbsp;; et qu\u2019\u00e0 Paris ils sont soign\u00e9s dans des ambulances par de grandes dames qui les regardent tous comme leurs enfants. C\u2019est la v\u00e9rit\u00e9. Vraie.&nbsp;Je vois qu\u2019il faut d\u00e9cid\u00e9ment renoncer \u00e0 revoir Fontainebleau cette ann\u00e9e. Nous nous consolons par l\u2019espoir d\u2019une fin telle que la justice peut la faire souhaiter. Vous comprenez n\u2019est ce pas&nbsp;? Si vous avez quelques choses \u00e0 demander \u00e0 l\u2019ouverture des lignes, secours, m\u00e9decins et suivant les \u00e9v\u00e9nements \u00e0 venir, je vous conseille d\u2019adresser votre demande \u00e0 M.&nbsp;Chanier&nbsp;? M\u00e9decin chef au grand H\u00f4tel, o\u00f9 se trouve maintenant l\u2019ambulance principale. En attendant, bon courage et bonne chance, monsieur le pr\u00e9sident, mille amiti\u00e9s de mes parents et salut fraternel.<\/p>\n\n\n\n<p>Contexte historique de cette lettre<\/p>\n\n\n\n<p>La&nbsp;Guerre.<\/p>\n\n\n\n<p>En octobre&nbsp;1870, lorsque succ\u00e9dant \u00e0 l\u2019enthousiasme de la d\u00e9claration de guerre \u00e0 la Prusse, nos premiers revers eurent affol\u00e9 tous les esprits, j\u2019\u00e9tais depuis un mois au bord de la mer avec mes enfants. Pendant notre s\u00e9jour dans le Calvados, les nouvelles \u00e9taient devenues, de jour en jour, de plus en plus mauvaises. Dans notre inqui\u00e9tude, je fis le contraire de ce que firent beaucoup de gens, je voulus renter chez moi, pendant que quoique d\u00e9j\u00e0 \u00e0 cette \u00e9poque j\u2019eusse l\u2019\u00e2ge d\u2019\u00eatre appel\u00e9 sous les armes, je pourrais peut-\u00eatre au moins prot\u00e9ger ma famille. Au lieu donc d\u2019aller comme tant d\u2019autres m\u2019enfermer dans Paris, qui allait certainement supporter toutes les mis\u00e8res d\u2019un si\u00e8ge, je voulus regagner Barbizon, o\u00f9 j\u2019avais laiss\u00e9 de vieux parents.<\/p>\n\n\n\n<p>Arriv\u00e9 \u00e0 la gare de Lyon, \u00e0 Paris, je trouvais cette gare encombr\u00e9e de soldats et d\u2019une telle quantit\u00e9 de monde, qu\u2019on pouvait \u00e0 peine ne pas s\u2019\u00e9garer dans cette foule. Les trains ne partaient plus r\u00e9guli\u00e8rement, \u00e9taient tous r\u00e9quisitionn\u00e9s pour le transport des troupes, l\u2019enregistrement des bagages ne se faisait pas facilement et nous nous voyions dans un grand embarras. Par un hasard providentiel, une chance tout \u00e0 fait extraordinaire me fit reconna\u00eetre dans cette foule le voiturier qui faisait le service de Melun \u00e0 Barbizon et qui \u00e9tait venu amener \u00e0 Paris mon pauvre Prieur, qui devait&nbsp;y mourir. Ce voiturier nous ramena donc \u00e0 Barbizon avec son omnibus, et, partis de Paris \u00e0 six heures du soir, nous arrivions \u00e0 Barbizon \u00e0 minuit&nbsp;; heureusement, car le lendemain les portes de Paris \u00e9taient ferm\u00e9es et notre d\u00e9part fut devenu impossible.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand nous arriv\u00e2mes dans notre village, des ordres \u00e9taient venus d\u2019organiser une garde nationale, on faisait l\u2019exercice sur la place de Chailly, on dressait des barricades sur les grandes routes de la for\u00eat&nbsp;; et, de temps en temps, on entendait au loin des explosions de mine qui prouvaient que l\u2019on faisait sauter les ponts de la Seine.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, on n\u2019avait pas encore vu l\u2019ennemi dans nos environs et on esp\u00e9rait toujours qu\u2019un revers le forcerait \u00e0 reprendre le chemin de la fronti\u00e8re. Comme on commen\u00e7ait \u00e0 \u00eatre sans nouvelles&nbsp;; les imaginations allaient leur train et les bruits les plus contradictoires nous jetaient tant\u00f4t dans le d\u00e9sespoir, tant\u00f4t dans la joie.<\/p>\n\n\n\n<p>Millet avait quitt\u00e9 Barbizon, emmenant sa nombreuse famille dans son pays et Barye l\u2019avait imit\u00e9, en emmenant aussi les siens \u00e0 Cherbourg. Ces deux familles v\u00e9curent l\u00e0 jusqu\u2019\u00e0 la fin de la guerre, en s\u00e9curit\u00e9, il est vrai, mais dans l\u2019inqui\u00e9tude continuelle qu\u2019entra\u00eenait l\u2019absence de nouvelles, et sans savoir ce qui pouvait devenir leur installation \u00e0 Barbizon.&nbsp;Tous les gens en \u00e9tat de porter les armes avaient pris du service. Gaston Lafenestre \u00e9tait lieutenant dans la garde mobile, o\u00f9 mon vieil ami Lombard, quoique ayant atteint la quarantaine \u00e9tait soldat.<\/p>\n\n\n\n<p>Je n\u2019ai pas eu l\u2019occasion de parler cet aimable homme, qui est encore aujourd\u2019hui un fid\u00e8le barbizonnier&nbsp;; je n\u2019aurais eu qu\u2019\u00e0 en dire du bien, mais comme il a toujours v\u00e9cu tr\u00e8s retire, il a \u00e9t\u00e9 moins que d\u2019autres \u00e0 la vie de notre village. Rien que le fait d\u2019avoir, malgr\u00e9 son \u00e2ge et sa duret\u00e9 d\u2019oreilles qui l\u2019en dispensait, voulu s\u2019engager dans la guerre, prouve combien c\u2019est un homme de c\u0153ur.<\/p>\n\n\n\n<p>Toute la jeunesse de notre village \u00e9tait dans la garde mobile et avait \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9e dans le midi de la France. Les gardes forestiers avaient \u00e9t\u00e9 embrigad\u00e9s et formaient un corps militaire qui avait \u00e9t\u00e9 se joindre \u00e0 la garnison de Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon ami de Penne, qui \u00e9tait un Bonapartiste convaincu, s\u2019\u00e9tait engag\u00e9 dans les zouaves de la Garde Imp\u00e9riale pour la dur\u00e9e de la guerre&nbsp;; ce doit \u00eatre pour lui un cr\u00e8ve-c\u0153ur, quand au bout de si peu de temps les zouaves de la Garde Imp\u00e9riale pass\u00e8rent dans d\u2019autres r\u00e9giments de la m\u00eame arme, et qu\u2019il n\u2019eut plus d\u2019imp\u00e9rial que les passementeries jaunes et les aigles des boutons de sa veste. Il passa tout le temps du si\u00e8ge aux avant-postes de Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>Ceux qui restaient voulaient t\u00e2cher de se rendre utiles. Une garde nationale avait \u00e9t\u00e9 form\u00e9e et on montait la garde dans un poste install\u00e9 dans une sorte de grange, jusqu\u2019au jour qui, h\u00e9las&nbsp;! Arriva bient\u00f4t, o\u00f9 voyant toute r\u00e9sistance impossible et c\u00e9dant aux menaces de l\u2019ennemi, on fut oblig\u00e9 de cacher les armes et tout l\u2019appareil militaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Laffitte, grand chasseur, poss\u00e9dait des fusils anglais d\u2019un grand prix&nbsp;; il crut avoir trouv\u00e9 une bonne cachette en les confiants au directeur de la maison centrale de Melun, avant que les Prussiens ne fussent arriv\u00e9s. D\u00e8s que ceux__ci furent install\u00e9s dans la ville, leur premier soin fut de se faire remettre toutes les armes, et il est probable que les beaux fusils de Laffitte mettent maintenant \u00e0 mort du gibier allemand.<\/p>\n\n\n\n<p>Ferdinand Chaigneau venait de faire b\u00e2tir une belle maison sur la route de Macherin, il sollicita l\u2019autorisation d\u2019y \u00e9tablir une ambulance, il l\u2019obtint et l\u2019on vit flotter le drapeau blanc de la convention de Gen\u00e8ve.<\/p>\n\n\n\n<p>Chaigneau me demanda si je voulais m\u2019adjoindre, \u00e0 lui pour faire partie d\u2019un petit comit\u00e9 destin\u00e9 \u00e0 l\u2019organisation de cette ambulance, pour laquelle nous avions d\u00e9j\u00e0 M\u00e9decin et chirurgien. \u00c9tant donn\u00e9 l\u2019\u00e9loignement actuel des troupes fran\u00e7aises, cette ambulance ne pouvait gu\u00e8re servir des bless\u00e9s tomb\u00e9s dans les rencontres des Allemands et des francs-tireurs, et ne soigna jamais qu\u2019un de ceux-ci atteint d\u2019une bronchite.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme les Allemands ne reconnaissaient pas les francs-tireurs Bellig\u00e9rants et les commissions r\u00e9guli\u00e8res du gouvernement de la d\u00e9fense nationale, dont leurs officiers \u00e9taient munis, ils consid\u00e8rent l\u2019ambulance de Barbizon o\u00f9, d\u2019\u00e2pres la convention de Gen\u00e8ve, on aurait bien soign\u00e9 des bless\u00e9s ennemis que fran\u00e7ais, comme repaire de francs tireurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques malheureux coups de feu tires sur des uhlans \u00e9claireurs, avaient exasp\u00e9r\u00e9 les officiers allemands. Aussi les repr\u00e9sailles \u00e9taient-elles exerc\u00e9es avec f\u00e9rocit\u00e9, pour intimider les patriotes qui auraient eu quelque vell\u00e9it\u00e9 de r\u00e9sistance&nbsp;; un pauvre garde forestier nomm\u00e9 Chauveau, p\u00e8re d\u2019une nombreuse famille, fut accroche par les pieds \u00e7 une branche d\u2019arbre et fusill\u00e9 ainsi, la t\u00eate en bas, \u00e0 la suite de l\u2019attaque d\u2019un convoi qui avait eu lieu dans la for\u00eat, sur le chemin de Bois le Roi.<\/p>\n\n\n\n<p>Les barricades qu\u2019on avait faites sur les grand-routes de la foret, dans la folle pr\u00e9tention d\u2019arr\u00eater les mouvements de l\u2019ennemi, avaient \u00e9t\u00e9, sur son ordre, d\u00e9truites par ceux qui les avis construit et les abattis d\u2019arbres qui les composaient, \u00e9taient transport\u00e9s \u00e0 Fontainebleau, pour le chauffage des corps de garde almanachs.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le village, les r\u00e9quisitions de fourrage et de bestiaux \u00e9taient continuelles, et j\u2019ai vu notre voisin pleurer quand on emmena sa vache que l\u2019on faisait marcher \u00e0 coups de plats de sabre.<\/p>\n\n\n\n<p>La terreur r\u00e9gnait, la mis\u00e8re \u00e9tait grande et l\u2019humiliation d\u2019\u00eatre forc\u00e9 d\u2019accepter comme monnaient l\u00e9gale les thalers prussiens, faisait monter le rouge de la honte \u00e0 plus d\u2019un visage.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la suite d\u2019une escarmouche qui avait eu lieu pr\u00e8s du village de Bois le Roi, les ennemis fouill\u00e8rent les environs et trouv\u00e8rent, dans un poste de francs-tireurs, une lettre \u00e9crite par moi dans laquelle j\u2019avertissais le commandant de la compagnie que s\u2019il avait des bless\u00e9s, il pouvait envoyer \u00e0 l\u2019ambulance de Barbizon.<\/p>\n\n\n\n<p>Le lendemain, Barbizon \u00e9tait envahi par une compagnie de troupe allemande, des bavarois coiffes de leur affreux casque de cuir surmont\u00e9s d\u2019une chenille noire. On n\u2019en avait pas encore tant \u00e0 la fois, car ordinairement ce n\u2019\u00e9taient que des patrouilles et des reconnaissances de uhlans, faisant un service de police, qui traversait le village.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous \u00e9tions bien loin, \u00e0 la maison, dans notre int\u00e9rieur familial, de nous douter de ce qu\u2019ils venaient faire&nbsp;; on s\u2019empressa de cacher une oie destin\u00e9e c\u2019est notre repas, et nous plaisantions en disant qu\u2019ils ne l\u2019auraient pas, quand un courageux habitant du village vint, \u00e7 son grand p\u00e9ril, me pr\u00e9venir que j\u2019eus \u00e0 me cacher. H\u00e9las, il n\u2019\u00e9tait plus temps, les soldats entraient d\u00e9j\u00e0 dans la maison, on y faisait une perquisition et le lieutenant Meyer m\u2019arr\u00eatait en y mettant des formes, puisqu\u2019il disait \u00e0 ma m\u00e8re et \u00e0 ma pauvre femme tomb\u00e9e presque sans connaissance, qu\u2019il \u00e9tait probable qu\u2019on ne voulait pas me tuer. Cependant une autre escouade avait fait de m\u00eame chez Chaigneau et sur l\u2019ordre d\u2019un capitaine on nous mit tous les deux au pied d\u2019un mur. J\u2019avoue que je crus un instant toucher \u00e0 ma derni\u00e8re minute, d\u2019autant plus qu\u2019un paysan criait \u00e0 des femmes&nbsp;:&nbsp;\u00bb N\u2019ayez pas peur des coups de fusil, c\u2019est Chaigneau et Gassies qu\u2019ils fusillent&nbsp;!&nbsp;\u00bb C\u2019\u00e9tait charmant.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, ils prirent une d\u00e9cision et nous emmen\u00e8rent \u00e0 Fontainebleau, l\u2019un et l\u2019autre entour\u00e9s de soldats, mais s\u00e9parent, l\u2019un dans les premiers rangs de la colonne, l\u2019autre, qui \u00e9tait moi, dans les derniers&nbsp;; il faisait un froid cruel et la neige gel\u00e9e rendait le sol tr\u00e8s glissant pour mes galoches de bois, car on ne m\u2019avait pas laiss\u00e9 le temps de me chausser, mais les coups de crosse me faisaient marcher tout de m\u00eame, je ressentais que fatigue et le c\u0153ur manquait un peu, mais il faillait bien marcher quad m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Arrive \u00e0 Fontainebleau, \u00e2pre un s\u00e9jour dans un poste de soldats, on nous incarc\u00e9ra dans la prison de la ville. Je laisse \u00e0 penser quelle fut l\u2019angoisse de cette nuit et l\u2019\u00e9moi que nous causa le lendemain matin l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un e patrouille allemande qui nous prit dans ces rangs pour nous emmener nous ne savions o\u00f9. \u00c0 ce moment encore, je crus qu\u2019on menait \u00e0 la mort. Heureusement ce n\u2019\u00e9tait que pour subir un interrogatoire qu\u2019on conduisait pr\u00e8s des officiers allemands.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous pass\u00e2mes six semaines en prison, avec la menace continuelle d\u2019\u00eatre fusill\u00e9. Nous l\u2019aurions certainement \u00e9t\u00e9 si les Allemands eussent eu affaire aux francs-tireurs dans notre voisinage&nbsp;; heureusement pour nous, cela n\u2019arriva pas et notre captivit\u00e9 ne fut pas trop cruelle, les premiers jours nous \u00e9tions en cellule, sans feu, et il faisait tr\u00e8s froid, mais deux ou trois jours pares on nous laissa passer la journ\u00e9e au greffe de la prison o\u00f9 il y avait bon feu et nous y f\u00eemes d\u2019interminables parties d&nbsp;\u00bb \u00e9checs. Nous n\u2019\u00e9tions pas les seuls otages, le maire de Bois le roi, M.&nbsp;Roux, maire de Nemours, le po\u00e8te L\u00e9on Devauchelle et d\u2019autres encore \u00e9taient comme nous prisonniers. M.&nbsp;Jules Claretie, l\u2019\u00e9minent acad\u00e9micien, a publi\u00e9 quelque temps apr\u00e8s cette malheureuse \u00e9poque, un petit livre sous le titre&nbsp;de H\u00e9ros et Martyrs, o\u00f9 il fait mention de cette malheureuse histoire, dans laquelle nous ne fumes pas des h\u00e9ros, mais nous aurions pu certainement \u00eatre des martyrs, puisque nous \u00e9tions des otages.<\/p>\n\n\n\n<p>Le s\u00e9jour de la prison de Fontainebleau n\u2019\u00e9tait pas gai, les aimables Prussiens qui nous gardaient nous montraient souvent leurs cartouches et nous disant, le sourire aux l\u00e8vres, quelles nous \u00e9taient destin\u00e9&nbsp;; ils nous traitaient d\u2019ailleurs comme des brigands.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019armistice \u00e9tait sign\u00e9 nous commencions \u00e0 croire qu\u2019on oubliait&nbsp;; un des officiers allemands qui \u00e9tait par extraordinaire, un homme poli et bien \u00e9lev\u00e9, se nommait M. de Pernitz, nous dit un jour que s\u2019il ne recevait pas d\u2019ordres du quartier g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Orl\u00e9ans, il pouvait \u00eatre probable qu\u2019en se retirant les Allemands nous emm\u00e8neraient avec eux.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous lui demand\u00e2mes de rappeler notre situation \u00e0 son g\u00e9n\u00e9ral, uniquement pour que notre dossier ne rest\u00e2t ind\u00e9finiment sous un presse papier, mais sans lui demander aucune gr\u00e2ce.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques jours plus tard, ayant sans doute re\u00e7u r\u00e9ponse du g\u00e9n\u00e9ral Von der Thann, ce jeune officier vint lui-m\u00eame nous annoncer joyeusement que nous \u00e9tions libres. Nous lui demand\u00e2mes de nous permettre de finir notre partie d\u2019\u00e9checs et nous le remerci\u00e2mes des \u00e9gards que, seul, il avait eus pour nous pendant notre captivit\u00e9. Quelques instants apr\u00e8s, nous retraversions tous deux cette for\u00eat plus gaiement que nous l\u2019avions fait avec une escorte dont les fusils \u00e9taient charg\u00e9s, le jour de notre arrestation. C\u2019\u00e9tait le mardi gras de 1871, dans les premiers jours de mars&nbsp;; nous avions \u00e9t\u00e9 am\u00e8nes \u00e0 Fontainebleau le 18&nbsp;janvier.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019armistice \u00e9tait sign\u00e9, la paix probable, mais l\u2019occupation \u00e9tait encore loin de finir et on avait encore \u00e0 Barbizon la visite des Prussiens, seulement ils ne faisaient plus de r\u00e9quisitions de guerre et pourvoyaient eux-m\u00eames \u00e0 leur subsistance, on n\u2019avait plus qu\u2019\u00e0 les loger, et ils ne se conduisaient pas trop mal chez l\u2019habitant.<\/p>\n\n\n\n<p>Les derniers que nous fumes forcer de recevoir \u00e0 Barbizon, y arriveraient le jour de la f\u00eate de leur Empereur, il y avait eu sans doute distribution extraordinaire d\u2019eau-de-vie, aussi all\u00e8rent-t-ils, en chantant le Vache am Rein, dans les gorges d\u2019\u00e2prement mettre le feu \u00e0 ce qui rest\u00e2t du campement des francs-tireurs \u00e0 la caverne \u00e0 Tissier. Ce fut pour eux un feu de joie et ils ne furent pas trop d\u00e9sagr\u00e9ables au retour qui se fit aussi avec accompagnement de chants patriotiques, et nous n\u2019en v\u00eemes plus dans notre pauvre Barbizon.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s cette guerre fatale, \u00e9clata la guerre civile qui d\u00e9sola Paris, ce fut pour les aubergistes un moment de prosp\u00e9rit\u00e9, tant il est vrai que ce qui fait le mal de l\u2019un fait quelquefois le bien de l\u2019autre. Tandis que Paris subissait les horreurs d\u2019un second si\u00e8ge et que l\u2019incendie d\u00e9vorait ses plus beaux monuments, Barbizon \u00e9tait plein de gens qui avaient fui Paris, les auberges regorgeaient de monde et on avait peine \u00e0 loger tous ces clients de passage, si bien que j\u2019ai entendu cette parole \u00e9chapp\u00e9e \u00e0 la patronne d\u2019un de ces h\u00f4tels&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp; il faudrait que cela se renouvel\u00e2t tous les ans&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>De Penne nous arriv\u00e2mes en zouave, il n\u2019avait plus d\u2019autres v\u00eatements, et je l\u2019h\u00e9bergeai tant bien que mal chez moi en attendant de meilleurs jours. Je ne sais si d\u2019autres peintres que nous deux eurent la chance de vendre de la peinture pendant cette atroce p\u00e9riode de la Commune, mais parmi les \u00e9migr\u00e9s de Paris se trouvaient quelques amateurs, notamment M.S. Hayem, qui m\u2019acheta u effet d\u2019hiver en for\u00eat et un de ses amis qui se rendit qu\u2019erreur de quelques aquarelles de Penne.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant les autres ann\u00e9es qui suivirent, Barbizon reprit petit \u00e0 petit sa vie ordinaire, les peintres se remirent \u00e0 peindre, les chasseurs \u00e0 chasser. M.&nbsp;O. Agada, autrefois chambellan de l\u2019Imp\u00e9ratrice. Croyant \u00e0 un retour possible de Napol\u00e9on III, avait repris presque tout l\u2019\u00e9quipage de la v\u00e9nerie Imp\u00e9riale pour la conserver et la rendre \u00e0 son ma\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p>De Penne, Gaston Lafenestre, Laffitte et moi continu\u00e2mes comme sous l\u2019Empire \u00e0 \u00eatre invit\u00e9s aux destructions de biches qu\u2019on faisait en for\u00eat pour y restreindre le nombre des animaux<\/p>\n\n\n\n<p>Le vieux Barbizon, reprenait les allures d\u2019autrefois, mais, apr\u00e8s de pareilles secousses, le calme avait succ\u00e9d\u00e9 aux folies de jeunesse dont j\u2019ai peu \u00eatre trop parl\u00e9 \u00e0 propos de la vie d\u2019auberge des peintres, qui d\u2019ailleurs \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 devenus plus rares, quoique beaucoup d\u2019artistes am\u00e9ricains et quelques Anglais fr\u00e9quentassent encore Barbizon. Millet, \u00e9tait revenu de Cherbourg et avait repris ses travaux interrompus&nbsp;; Barye aussi s\u2019\u00e9tait install\u00e9 avec son aimable famille et nous avions renou\u00e9 nos bonnes relations.<\/p>\n\n\n\n<p>Le p\u00e9nible souvenir de la terrible p\u00e9riode qu\u2019on venait de traverser n\u2019\u00e9tait plus que celui d\u2019un cauchemar, et on recommen\u00e7a les bonnes journ\u00e9es de peinture dans la for\u00eat, toujours belle, toujours la m\u00eame, toujours hospitali\u00e8re pour ses fid\u00e8les, toujours consolatrice sous la verdure de ses grands ch\u00eanes. Que dire de ces ann\u00e9es pleines de calme apr\u00e8s la temp\u00eate de 1870 et 71&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Le printemps de 1872 fut exceptionnellement superbe, comme jamais on n\u2019en vit de pareil, il semblait qu\u2019un sourire d\u2019en haut \u00e9tait venu pour soulager les mis\u00e8res d\u2019ici-bas.<\/p>\n\n\n\n<p>Chapitre tir\u00e9 du livre&nbsp;Le vieux Barbizon. J.G. Gassies Hachette 1907.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Paris le 9&nbsp;novembre&nbsp;1870 Monsieur le Pr\u00e9sident, Craignant que les Prussiens ne r\u00e9pandent dans vos communes les bruits les plus sinistres sur ce qui se passe \u00e0 Paris, je crois bien faire de vous informer des \u00e9v\u00e9nements qui ont un peu agit\u00e9 la ville depuis dix jours. 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