{"id":81,"date":"2023-01-22T14:21:43","date_gmt":"2023-01-22T13:21:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.grappilles.fr\/?p=81"},"modified":"2023-01-25T14:27:18","modified_gmt":"2023-01-25T13:27:18","slug":"theodore-rousseau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.grappilles.fr\/index.php\/2023\/01\/22\/theodore-rousseau\/","title":{"rendered":"Th\u00e9odore Rousseau"},"content":{"rendered":"\n<p>Article publi\u00e9 le 12 Avril 1912.<\/p>\n\n\n\n<p>Th\u00e9odore Rousseau, s&rsquo;il vivait encore, aurait cent ans ; il aurait connu David\u2026 et les cubistes, le salon de 1824\u2026 et celui des ind\u00e9pendants, les ateliers et les doctrines les plus oppos\u00e9s en apparence, Ingres, Delacroix, Arp Scheffer, Courbet, Manet, les divisionnistes, les pointillistes, les Maristes. Il aurait pass\u00e9 successivement pour un \u00e9l\u00e8ve bien sage de l&rsquo;Acad\u00e9mie, un \u00e9chapp\u00e9 u prix de Rome, une mani\u00e8re de Jean-Jacques de la peinture, n maitre inconnu, vivant au d\u00e9sert, et qu&rsquo;on recherche d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il se d\u00e9robe aux admirations, un talent glorieux, mais d\u00e9suet, enfin un a pompier \u00bb, pr\u00e9occup\u00e9 d&rsquo;\u00e9teindre chaque soir l&rsquo;incendie du soleil couchant dans la for\u00eat de Fontainebleau. heureusement pour lui, il est mort assez lard pour que les r\u00e9compenses de la fin justifient \u00e0 ses eu\u2018 les r\u00e9voltes du d\u00e9but, assez t\u00f4t, cependant, pour que des disciples immod\u00e9r\u00e9s ne lui paraissent pas d\u00e9consid\u00e9rer, en les exag\u00e9rant., les doctrines qui lui avaient assur\u00e9 autrefois une r\u00e9putation de pr\u00e9curseur.<\/p>\n\n\n\n<p>Je crois qu&rsquo;il ne faut pas exag\u00e9rer les influences h\u00e9r\u00e9ditaires t chercher dans la parent\u00e9 de Rousseau les origines de sa vocation. Le fait que son grand-p\u00e8re maternel ait \u00e9t\u00e9 doreur des \u00e9quipages du roi ne suffit pas \u00e0 expliquer comment ce petit Parisien, ils d&rsquo;un tailleur de la rue d&rsquo;Aboukir, devint un peintre. Peut-\u00eatre seulement nous fait-il comprendre les sympathies de sa m\u00e8re, encourageant en secret la vocation de son fils, ne lui d\u00e9robant as les couleurs et les pinceaux qu&rsquo;il ach\u00e8te pour dessiner toute hose, avec ardeur, el d&rsquo;ailleurs enchant\u00e9e, sans doute, comme beaucoup de femmes, d&rsquo;\u00e9chapper par cette complicit\u00e9 au terre \u00e0 terre l&rsquo;existence quotidienne, et de s&rsquo;envoler avec lui dans le bleu.<\/p>\n\n\n\n<p>Un s\u00e9jour d&rsquo;une ann\u00e9e qu&rsquo;il fit, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de douze ans, dans les for\u00eats de la Franche-Comt\u00e9, parmi les bucherons el les charbonniers, ne justifie pas davantage sa vocation. Le go\u00fbt de la nature nous vient, plus tard, de certaines r\u00e9flexions salutaires sur le commerce de la soci\u00e9t\u00e9 : le plus solo fait, il n&rsquo;est qu&rsquo;une forme e notre misanthropie, et nous aimons d&rsquo;autant plus les arbres, es montagnes, que nous sommes plus d\u00e9tach\u00e9s des hommes. Il est probable que le jeune Rousseau, pendant une ann\u00e9e, s&rsquo;est bien amus\u00e9 \u00e0 la campagne, que parfois m\u00eame il a d\u00fb s\u2019y ennuyer. Plus tard, d\u00e9sirant accorder ses souvenirs anciens \u00e0 ses pr\u00e9f\u00e9rences nouvelles, il n\u2019a plus dout\u00e9 qu\u2019il n\u2019ait eu la r\u00e9v\u00e9lation de la nature \u00e0 un \u00e2ge o\u00f9 l\u2019enfant ne pense g\u00e9n\u00e9ralement qu\u2019\u00e0 jouer aux billes et ne va dans les bois que pour tailler des sifflets et des baguettes.<\/p>\n\n\n\n<p>I1 gribouille en marge de ses cahiers de classe, il \u00ab fait des bonshommes \u00bb, il dessine, et le dimanche, il va dans la banlieue, peindre quelques \u00e9ludes \u00ab d\u2019apr\u00e8s nature \u00bb; bref, il finit par obtenir de son p\u00e8re qu&rsquo;il ne pr\u00e9parera plus les examens de l\u2019Ecole polytechnique, et qu\u2019il ira dans un atelier. En 1821, il entre dans celui du paysagiste J. R\u00e9mond, puis en 1828 dans celui de Guillon-Lelhi\u00e8re. Ce R\u00e9mond peignait, dans le go\u00fbt davidien, des \u0152dipe \u00e0 Colone et des Enl\u00e8vement de D\u00e9janire. Guillon- Lelhi\u00e8re, lui aussi, pour plaire \u00e0 ses contemporains, repr\u00e9sentait des Fils de Brutus et des Virginie poignard\u00e9e. Mais tous deux avaient re\u00e7u la forte discipline de l\u2019ancienne Acad\u00e9mie royale, tous deux connaissaient la grande le\u00e7on du model\u00e9, des valeurs, tous deux savaient dessiner une ronde-bosse, une ligure humaine, et l\u2019on n\u2019ignore pas qu\u2019il sera toujours plus difficile de faire un nu ou un portrait passable qu&rsquo;un bon paysage. R\u00e9mond, prix de Rome, Guillon-Lethi\u00e8re, prix de Rome, ancien directeur de l\u2019Acad\u00e9mie de France \u00e0 Rome, pensaient avec raison que le m\u00e9tier s\u2019acquiert, non la sensibilit\u00e9, et qu\u2019un atelier de peinture doit former des hommes sachant leur m\u00e9tier, non des artistes. Ils ne confondaient pas la tradition professionnelle avec la sentimentalit\u00e9 de l&rsquo;amateur, et certainement ils ont enseign\u00e9 \u00e0 Th\u00e9odore Rousseau tout ce qu\u2019il devait apprendre.<\/p>\n\n\n\n<p>Toujours est-il que Rousseau se pr\u00e9senta au concours du prix de Rome : on pr\u00e9tend que, d\u00e9courag\u00e9 par le sujet impos\u00e9, il refusa net de le traiter. Et l\u00e0-dessus on a fait des plaisanteries faciles : on a dit que Z\u00e9nobie morte dans les flots de l\u2019Araxe et recueillie par des p\u00eacheurs n\u2019\u00e9tait pas un th\u00e8me \u00ab inspirant \u00bb, \u00ab proche de nous \u00bb, \u2026 \u00ab que le paysage classique, acad\u00e9mique, le paysage de convention, le paysage de la nature revue et corrig\u00e9e sans amour, l\u2019\u00e9cole des formules avant tout et du dressage sans libert\u00e9 luttaient contre ces maitres jeunes qui faisaient des chefs- d\u2019\u0153uvre sans suivre les recettes \u00bb, bref que Z\u00e9nobie n\u2019\u00e9tait pas digne de leur oraison fun\u00e8bre\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Quand je lis de telles dissertations, je ne puis m&#8217;emp\u00eacher de penser \u00e0 la r\u00e9flexion de Millet, \u00e0 propos des th\u00e9ories de Proudhon sur l\u2019art : \u00ab C\u2019est un plaidoyer magnifique, entra\u00eenant, plein de saillies ing\u00e9nieuses, mais ce n\u2019est qu\u2019un discours pour les Quinze-Vingts. \u00bb Ce sont des plaidoyers de ce genre, m\u00ealant dans une confusion charmante et dans une \u00e9loquence d\u00e9mocratique le m\u00e9tier et le go\u00fbt, les recettes et l\u2019amour, l\u2019essentiel et l\u2019accessoire, les formules et l\u2019\u00e2me, qui nous ont amen\u00e9s peu \u00e0 peu au g\u00e2chis actuel. On a pris devant les \u00ab formules \u00bb, les \u00ab recettes \u00bb, que les peintres se transmettaient depuis des si\u00e8cles, des postures de rodomont; on a cri\u00e9 \u00e0 la libert\u00e9, \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019art et autres fadaises; on a fix\u00e9 de la sorte des attitudes avantageuses, mais aussi on a enseign\u00e9 peu \u00e0 peu aux jeunes g\u00e9n\u00e9rations d\u2019artistes le m\u00e9pris des \u00ab formules \u00bb, entendez par l\u00e0 le m\u00e9pris de l\u2019\u00e9ducation technique; on leur a persuad\u00e9 de ne regarder que la nature, de n\u2019\u00e9couter qu\u2019eux-m\u00eames, et ainsi se sont improvis\u00e9s g\u00e9nies tant de bonnes gens \u00e0 qui l\u2019on demanderait seulement un peu de talent; ainsi, un peu partout, dans la peinture, la sculpture, la danse, la litt\u00e9rature, la musique, \u00ab l\u2019amateurisme \u00bb a triomph\u00e9 de l\u2019\u00e9ducation professionnelle, sous pr\u00e9texte d\u2019\u00e9mancipation.<\/p>\n\n\n\n<p>Retenons du passage de Th\u00e9odore Rousseau chez R\u00e9mond et Guillon-Lethi\u00e8re qu\u2019en lui enseignant la figure humaine, ils le pr\u00e9munissaient contre les incertitudes et les d\u00e9faillances de la main, et le pr\u00e9paraient, lui qui \u00e9tait capable du portrait des \u00eatres, au portrait des choses. D\u00e9cid\u00e9ment Z\u00e9nobie n\u2019\u00e9tait pas si mauvaise fille ! Je demeure persuad\u00e9 qu\u2019elle \u00e9tait \u00ab plus proche de nous \u00bb qu\u2019on ne le pense, et que les ma\u00eetres qui avaient d\u00e9sign\u00e9 ce sujet du concours, pr\u00e9occup\u00e9s sans doute de satisfaire en apparence aux exigences de la mode antique, proposaient \u00e0 leurs \u00e9l\u00e8ves un th\u00e8me assez g\u00e9n\u00e9ral pour symboliser, sous des oripeaux arm\u00e9niens, une aventure de tous les temps. Maintenant, \u00ab Z\u00e9nobie, morte dans les flots de l\u2019Araxe et recueillie par des p\u00eacheurs \u00bb, serait tout simplement une jeune femme qui, traqu\u00e9e par quelque malandrin, s\u2019est jet\u00e9e dans la Seine, et que recueillent les agents de la brigade fluviale. Mais, toujours, il s\u2019agirait pour les concurrents d\u2019ex\u00e9cuter une belle \u00e9tude de femme et d\u2019homme, d\u2019apr\u00e8s le mod\u00e8le vivant, dans des attitudes vari\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>11 n\u2019est pas impossible de supposer que l\u2019\u00e9chec de Rousseau au prix de Rome ait contribu\u00e9 \u00e0 le d\u00e9tourner des hommes vers la nature, et \u00e0 reconna\u00eetre en d\u2019agr\u00e9ables souvenirs d\u2019enfance une vocation marqu\u00e9e pour la vie au grand air. On le voit, au sortir de l\u2019atelier Guillon-Lethi\u00e8re, partager son temps, l\u2019\u00e9t\u00e9, entre la vall\u00e9e de Chevreuse et les bords du Loing, l\u2019hiver, au Louvre, entre Claude Lorrain et les Hollandais.<\/p>\n\n\n\n<p>Or ces ma\u00eetres, qu\u2019il copiait assid\u00fbment, avaient re\u00e7u le m\u00eame enseignement que lui. Si, dans leurs \u0153uvres, le paysage jouait le premier r\u00f4le, ce n\u2019\u00e9tait pas de leur part impuissance ou veulerie, mais l\u2019effet d\u2019une volont\u00e9 en accord avec leurs sentiments. Ils<\/p>\n\n\n\n<p>dans un d\u00e9cor qui lui \u00e9tait familier, \u00ab jouer sur le grand clavier, toucher \u00e0 toutes les harmonies \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Son village, Barbizon, \u00e0 l\u2019or\u00e9e des bois ; sa maison, une maison de paysan ; son atelier, une grange : si bien que l\u2019on peut dire qu\u2019il y avait entre son existence et ses m\u00e9ditations un lien subtil, mais indissoluble, qu&rsquo;en travaillant dans sa grange il semblait encore travailler dans la for\u00eat, et que les tableaux compos\u00e9s au retour, dans le recueillement, n\u2019\u00e9taient que la gerbe des Heurs cueillies sous les hautes futaies. Il les connaissait toutes, et leurs arbres, et leurs rugosit\u00e9s, leurs accidents et les combats qu\u2019ils avaient subis; les uns portaient un nom comme un homme, parce qu\u2019ils avaient une certaine dignit\u00e9 dans la tenue de leurs branches; d\u2019autres, simplement, comme les paysans que l\u2019on n\u2019appelle chez eux que par un sobriquet, ne portaient qu\u2019un surnom, parce que, sans doute, ils avaient gard\u00e9 une allure moins \u00e9l\u00e9gante et ne savaient pas dissimuler la mis\u00e8re de leur vie, les \u00e9preuves inflig\u00e9es par le temps. Il allait, chaque jour, \u00e0 chacun d\u2019eux, comme \u00e0 de vieux amis, saluant le Sully, qui portait un autre arbre \u00e0 bras tendu ; le Rageur, \u00e9bouriff\u00e9, acharn\u00e9 \u00e0 vivre dans le gr\u00e8s, exprimant, dans le jet furieux de ses ramures, la lutte centenaire de la pierre et de la plante. Il les flattait de la main, comme s\u2019il e\u00fbt voulu \u00e9prouver d\u2019avance, sur ses mod\u00e8les, la sensation de belle mati\u00e8re qui nous fait tendre le bras vers ses toiles pour les caresser, et nous donne le d\u00e9sir imp\u00e9rieux de toucher et de retenir entre nos doigts le plaisir de nos yeux. Il distinguait les h\u00eatres, les bouleaux lins, l\u00e9gers, qui sont plut\u00f4t les arbres de Corot, ces arbres surgissant en colonnes argent\u00e9es dans les brumes matinales, et, de m\u00eame que certains visages correspondent mieux \u00e0 nos secr\u00e8tes pr\u00e9f\u00e9rences, il pr\u00e9f\u00e9rait les ch\u00eanes qui sans doute traduisaient la t\u00e9nacit\u00e9 pr\u00e9cise et robuste de son art. Comme Senancour. avant le soleil, il gravissait les sommets encore dans l\u2019ombre, il se mouillait dans la bruy\u00e8re pleine de ros\u00e9e, notant la clart\u00e9 incertaine qui pr\u00e9c\u00e8de l\u2019aurore; puis il descendait dans les fondri\u00e8res, suivait les vallons obscurs, p\u00e9n\u00e9trait dans les fourr\u00e9s \u00e9pais, escaladant les gr\u00e8s renvers\u00e9s, les rocs ruineux qui suintent ; il sentait avec plaisir, quand le soleil de midi tombe d\u2019aplomb, et qu\u2019il n\u2019y a point d&rsquo;eau, point de fraicheur, point d\u2019ombrage, son pied s\u2019enfoncer dans un sable mobile et br\u00fblant, et le soir enfin, il s&rsquo;attardait au bord de quelque mare perdue dans une solitude ferm\u00e9e, et refl\u00e9tant dans son eau dormante une tra\u00een\u00e9e de soleil rouge, expir\u00e9e \u00e0 travers le feuillage vert de bronze.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans ses \u00e9tudes, ses dessins, mieux encore que dans ses peintures, o\u00f9 les redites, les repentirs, l\u2019abus des bitumes, les grattages \u00e0 la pierre ponce, la mati\u00e8re surajout\u00e9e ont compromis la fra\u00eecheur des impressions re\u00e7ues, que l\u2019on peut suivre pas \u00e0 pas Rousseau dans ses promenades, et surprendre avec lui le myst\u00e8re de la for\u00eat, les sous-bois o\u00f9 des reflets roux passent dans l\u2019air et la transparence des eaux, le soleil \u00e9clatant en notes vives, brusquement, sur les troncs, et les grands arbres, \u00e0 l\u2019or\u00e9e, se penchant les uns vers les autres, emm\u00ealant leurs feuillages, pour faire un portique de verdure, une introduction sylvestre \u00e0 la plaine vautr\u00e9e et fr\u00e9missante de lumi\u00e8re, et d\u00e9tachant en joyeuses estafettes quelques arbustes qui ne vont jamais tr\u00e8s loin\u2026 J\u2019ai vu ainsi de lui un sentier qui s\u2019enfuit, \u00e0 travers des ch\u00eanes abattus, des branches cass\u00e9es, un fouillis inextricable qui s\u2019ordonne \u00e0 force de g\u00e9nie, comme un visage ravag\u00e9, trahissant dans un beau portrait la passion dominante d&rsquo;une \u00e2me fuyante et toujours cependant semblable \u00e0 elle-m\u00eame\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Ah ! ces tentatives, ces jets du crayon sur le papier, cette s\u00fbret\u00e9 nerveuse de la main, celte analyse sensible d\u2019un paysage, cette maitrise \u00e0 voir tous les d\u00e9tails, \u00e0 les faire aimer, et cependant ob\u00e9ir aux grandes masses, cet amour intelligent du d\u00e9cor choisi pour la vie, cette justification subtile et passionn\u00e9e d\u2019une pr\u00e9f\u00e9rence impos\u00e9e \u00e0 tous! Ces \u00e9tudes sont bien les filles de sa pens\u00e9e et de son 000111\u2019, et il avait bien raison de les exposer, en 1867, \u00e0 la fin de son existence, comme pour jeter un dernier regard en arri\u00e8re et jalonner les \u00e9tapes de ses souvenirs. l\u00fbt. Millet, son vieil ami, avait bien le droit de lui \u00e9crire, \u00e0 ce propos :<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s les premi\u00e8res, vous montrez une fra\u00eecheur de vision qui ne laisse pas de doute sur le plaisir que vous aviez \u00e0 voir la nature, et on voit qu\u2019elle vous parlait bien directement et que vous voyiez bien par vos yeux. C\u2019est de vous et non de l\u2019aultruy. comme dit Montaigne. N\u2019allez pas croire que je vais vous suivre morceau \u00e0 morceau jusqu\u2019\u00e0 maintenant. Je veux seulement mentionner le point de d\u00e9part, qui est l\u2019important, puisqu\u2019il montre qu\u2019un homme est de la race. Vous \u00e9tiez, d\u00e8s en commen\u00e7ant, le petit ch\u00eane qui devait devenir un grand ch\u00eane.<\/p>\n\n\n\n<p>Des personnages manquent ? La belle affaire ! Ln voit-on dans les tableaux de Claude Lorrain, dans ceux de Ruysdael et, s\u2019il en existe, fait-on attention \u00e0 eux, et ne sont-ils pas que les comparses d\u2019un drame qui se joue sans eux, dont ils sont victimes quelquefois, sans en \u00eatre jamais responsables? Ne suffit-il pas de voir le Coucher du soleil sur un port, le Buisson, pour imaginer aussit\u00f4t, avec une pr\u00e9cision \u00e0 laquelle le peintre ne serait d\u2019aucun secours, de belles odalisques nonchalantes, attendant l\u2019heure d\u2019\u00eatre enlev\u00e9es par les gal\u00e8res qui semblent dormir, ou un manant, courb\u00e9 sous le poids de sa hotte, fusant la temp\u00eate et les nu\u00e9es qui s\u2019amoncellent \u00e0 l\u2019horizon. Leur silhouette n&rsquo;est l\u00e0 que pour nous engager au plaisir de vivre en ces lieux, ou nous pr\u00e9venir que nous ne devons pas nous y aventurer : taches brillantes ou ternes qui nous font mieux sentir la douceur d\u2019une com\u00e9die- galante ou le sombre \u00e9clat d\u2019une trag\u00e9die.<\/p>\n\n\n\n<p>Et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui distingue Th\u00e9odore Rousseau de son ami Millet, peut-\u00eatre, h\u00e9las ! \u2014 car les sentiments ne vont pas sans certaines conditions, sans certains contrats tacites \u2014 ce qui explique leur amiti\u00e9 inalt\u00e9rable. L\u2019un s\u2019attache au paysage au moment o\u00f9 le silence, la solitude en exasp\u00e8rent la grandeur et la m\u00e9lancolie ; l\u2019autre ne le consid\u00e8re qu\u2019en raison de ce qu\u2019il apporte \u00e0 l\u2019homme de nouvelles raisons de vivre. Senancour, promenant ses inqui\u00e9tudes dans les sentiers de la for\u00eat, et la d\u00e9crivant en lignes graves, courtes et ardentes, arrive parfois \u00e0 la lisi\u00e8re; dans l&rsquo;encadrement des branches dispos\u00e9es autour du champ de sa vision, il aper\u00e7oit la campagne nue, parsem\u00e9e de pauvres villages, les chaumi\u00e8res entass\u00e9es, odieux amas dont les rues, les \u00e9tables et les potagers, les murs, les planchers, les toits et jusqu&rsquo;aux hardes et aux meubles ne paraissent qu\u2019une m\u00eame fange o\u00f9 toutes les femmes crient, tous les enfants pleurent, tous les hommes suent. Et bien vite il chasse ces p\u00e9nibles images en se plongeant de nouveau dans les grands bois. N\u2019est-ce pas l\u00e0 toute la sensibilit\u00e9 de Millet oppos\u00e9e \u00e0 celle de Rousseau ? Tandis que l\u2019un s&rsquo;attarde et se compla\u00eet dans la familiarit\u00e9 de la vie rustique, l\u2019autre, au contraire, arrive parfois lui aussi \u00e0 l\u2019or\u00e9e de la for\u00eat, mais l\u2019on dirait qu&rsquo;il r\u00e9pugne \u00e0 regarder le paysan et qu\u2019il pr\u00e9f\u00e8re les odeurs de la fraise et de la r\u00e9sine aux \u00e9manations chaudes des \u00e9tables. Susceptibilit\u00e9, sans doute, de citadin en vill\u00e9giature. Millet, fils de paysan, a jou\u00e9 tout enfant dans une \u00e9curie, il a trait les vaches, coup\u00e9 la laine des moutons, \u00e9tendu le linge sur les cordes, \u00e9trill\u00e9 le cheval. Senancour, dilettante inoccup\u00e9, garde le souvenir d&rsquo;un cottage lav\u00e9 \u00e0 grande eau, avec de jolies all\u00e9es sabl\u00e9es, un poney reluisant, et des attelles de cuir neuf. Th\u00e9odore Rousseau, fils d\u2019un Parisien, aura toujours les fr\u00e9missements de narine d\u2019un Parisien devant les r\u00e9alit\u00e9s champ\u00eatres. Lui et Millet rest\u00e8rent sur leurs positions, l\u2019un explorant les arbres, l&rsquo;autre les chaumi\u00e8res, et convaincus chacun de la sup\u00e9riorit\u00e9 de l\u2019autre en ce qu\u2019il n\u00e9gligeait d\u00e9finitivement et lui abandonnait en quelque sorte.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Mon cher Rousseau, \u00e9crivait Millet en 1832, je ne sais si les deux croquis que je vous envoie pourront vous \u00eatre bons \u00e0 quelque chose : je t\u00e2che seulement de montrer o\u00f9 je placerais mes figures dans votre composition, voil\u00e0 tout. Vous savez mieux que moi ce qu\u2019il faut faire et ce que vous voulez. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>On voit par ce billet comment ils en usaient l\u2019un envers l\u2019autre, et quels scrupules d\u00e9licats ils apportaient \u00e0 concilier leurs susceptibilit\u00e9s d\u2019artistes et leurs relations quotidiennes. Et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui fit la beaut\u00e9 de leur amiti\u00e9. Il y eut quelque chose de la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 de Marc-Aur\u00e8le dans le sentiment qui les unit, rafra\u00eechi, entretenu, perp\u00e9tu\u00e9 par les lectures qu\u2019ils faisaient ensemble, sous la lampe de leur chaumi\u00e8re, \u00e0 Barbizon : la Bible, Montaigne ; lectures graves, comme en font ceux qui vivent retir\u00e9s en eux-m\u00eames ; elles transparaissent dans chacun de leurs tableaux, refl\u00e9tant leur pens\u00e9e, mais toujours \u00e9quilibr\u00e9es par l\u2019\u0153il qui voit et la main qui dessine ce qui se peut voir, sans fausse litt\u00e9rature.<\/p>\n\n\n\n<p>deux, et ils rest\u00e8rent unis par leur go\u00fbt commun du recueillement, par la certitude que pour cr\u00e9er celte \u0153uvre durable, ils devaient se retirer en eux-m\u00eames, s\u2019isoler pour demander conseil \u00e0 la nature et la solliciter avec les mots capables de l\u2019attendrir.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette conviction les aida certainement \u00e0 r\u00e9sister aux suggestions de la mis\u00e8re. On a racont\u00e9 par le menu les p\u00e9rip\u00e9ties de cette lutte entam\u00e9e par les deux camarades, surtout par Millet, contre les \u00e9piciers, les boulangers et les tailleurs de Barbizon, qui avaient gard\u00e9 un mauvais souvenir des pantalonnades, des farces de mauvais go\u00fbt et des ind\u00e9licatesses commises par des rapins \u00e0 la Henri Murger. Et voil\u00e0 pr\u00e9cis\u00e9ment qui les rapproche encore, plus que les copies de l\u2019\u00e9cole hollandaise que Rousseau, dans sa jeunesse, avait faites au Louvre, plus encore que les estampes de Rembrandt, les peintures de Van Goyen, que Rousseau poss\u00e9dait dans son atelier, voil\u00e0 qui les rapproche du ma\u00eetre de la lumi\u00e8re myst\u00e9rieuse : la mis\u00e8re, la mis\u00e8re qui harcelait Millet, comme elle avait harcel\u00e9 le peintre de Saskia, et qui leur communiquait ce je ne sais quoi de profond, d&rsquo;\u00e9mu, qu\u2019on rencontre rarement chez les heureux du monde; la mis\u00e8re devenue la Muse, capable de sugg\u00e9rer aux uns l\u2019enthousiasme mystique, aux autres le renoncement .<\/p>\n\n\n\n<p>Au mois de novembre de l&rsquo;ann\u00e9e 1862, un artiste, Vallardi, boulevers\u00e9 par les histoires qu\u2019on lui avait racont\u00e9es sur les longs d\u00e9bats de Rousseau et de Millet contre cette Muse du d\u00e9sespoir, se suicidait dans la maison de Rousseau, et Millet \u00e9crivait \u00e0 un de ses amis : \u00ab Le malheureux ne voulait pas de la mis\u00e8re\u2026 La mis\u00e8re 1 mais le malheureux n\u2019en a jamais vu, m\u00f4me de bien loin, les approches. Il \u00e9tait gar\u00e7on, seul, avec un petit avoir ; il avait Rousseau et d\u2019autres amis \u00e0 Paris. Il n\u2019a jamais connu cette chose effroyable et tout ce qui raccompagne\u2026 C\u2019est la peur de p\u00e2tir qui lui a boulevers\u00e9 la cervelle. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Celte mis\u00e8re qui an\u00e9antit souvent chez les meilleurs, chez les plus dou\u00e9s, le germe des belles choses dont ils \u00e9taient capables, Rousseau eu avait triomph\u00e9, de m\u00eame que Millet en devait triompher plus tard. Mais il arrive souvent quelle se venge enfin de ceux qui l&rsquo;ont abandonn\u00e9e en chemin, et qu&rsquo;ils aient \u00e0 subir, avant leur mort, un retour offensif de leurs d\u00e9buts difficiles, un ressouvenir de leurs douleurs pass\u00e9es, comme s&rsquo;ils n\u2019avaient pas enti\u00e8rement pay\u00e9 leur dette de souffrance. Th\u00e9odore Rousseau, d\u00e9sormais reconnu comme un ma\u00eetre, sinon comme un chef d\u2019\u00e9cole \u2014 car rien ne ressemble moins \u00e0 une \u00e9cole que ces artistes vivant dans la for\u00eat, \u2014 re\u00e7u par l&rsquo;Empereur, pr\u00e9sident de jury, recherch\u00e9 par les marchands, les amateurs, d\u00e9cor\u00e9, bref ayant eu la satisfaction d\u2019imposer sa vision de la nature \u00e0 tous ceux qui avaient les yeux ferm\u00e9s devant elle et de leur prouver qu&rsquo;ils s\u2019\u00e9taient tromp\u00e9s, projetant, pour le leur prouver davantage, d\u2019arracher \u00e0 la for\u00eat d&rsquo;autres secrets, \u00e9tait clou\u00e9 au logis par une attaque de paralysie. Sa femme, devenue folle, remplissait la maison de ses cris, et cependant, malgr\u00e9 les instances de ses amis, jamais Rousseau ne (consentit \u00e0 se s\u00e9parer d&rsquo;elle. Un moment, pour le mieux soigner, et le soustraire \u00e0 la hantise de cette demeure o\u00f9 passait un vent de folie, de suicide et de mort, Millet conduisait son ami \u00e0 Paris. Mais, inlassablement, Rousseau r\u00e9clamait sa maison, sa for\u00eat, ses gravures, et Millet le ramenait \u00e0 elles. A certains jours, sa vue semblait se voiler : alors il restait obstin\u00e9ment silencieux. Le lendemain, il s\u2019agitait, pris d\u2019une surexcitation nerveuse, pour retomber ensuite dans la torpeur. Le cerveau s\u2019endormait.<\/p>\n\n\n\n<p>Lui qui autrefois marchait des heures et des heures, suivant la trace de son r\u00eave, on l&rsquo;installait maintenant dans un fauteuil roulant pour le conduire \u00e0 la lisi\u00e8re du bois. Le 4 septembre 1867, il fit une promenade en voiture, comme un p\u00e8lerinage aux lieux qu&rsquo;il aimait : la bruy\u00e8re \u00e9tait en fleur. A la fin du mois, dans le moment que l&rsquo;automne empourprait les charmilles, pour en faire sentir et mieux regretter tout le prix, il voulut revoir une derni\u00e8re fois les vieux ch\u00eanes, ses confidents, et s\u2019\u00e9cria : \u00ab Voyez-vous, ces arbres-l\u00e0, je les ai tous dessin\u00e9s depuis trente ans ; j\u2019ai leurs portraits dans mes cartons. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, le 22 d\u00e9cembre, \u00e0 neuf heures du matin, il mourut dans les bras de Millet, qui \u00e9crivait \u00e0 un ami, l\u2019instant d&rsquo;apr\u00e8s :<\/p>\n\n\n\n<p>Jugez ce que nous avons eu de deuil dans le c\u0153ur en l&rsquo;entendant parler de ce qu&rsquo;il ferait dans l\u2019avenir ! Car nous savions par son m\u00e9decin qu&rsquo;il \u00e9tait perdu. Il a gard\u00e9 sa lucidit\u00e9 jusqu&rsquo;au dernier moment et n&rsquo;a point soup\u00e7onn\u00e9 sa fin, \u00e0 moins que ce n&rsquo;ait \u00e9t\u00e9 \u00e0 la derni\u00e8re minute. Mais moi qui ne l&rsquo;ai pas quitt\u00e9, je n&rsquo;ai rien pu surprendre qui le marque. Il croyait que son agonie \u00e9tait encore une crise. Pauvre Rousseau ! son travail l&rsquo;a tu\u00e9. Quand on r\u00e9fl\u00e9chit, mon cher monsieur, \u00e0 l&rsquo;innum\u00e9rable quantit\u00e9 de mauvais c\u0153urs et d&rsquo;imb\u00e9ciles qui se portent si bien !\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Quel t\u00e9moignage que celui-l\u00e0, venant d&rsquo;un homme qui avait v\u00e9cu pendant trente ans aux c\u00f4t\u00e9s de Rousseau, partageant ses lectures, ses promenades, ses projets, connaissant enfin mieux que personne la difficult\u00e9 d&rsquo;interpr\u00e9ter, avec un m\u00e9tier qui leur \u00e9tait commun, la nature dont ils recherchaient l&rsquo;un et l&rsquo;autre les confidences ! Quelle le\u00e7on de courage, d&rsquo;espoir et de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9, et quelle amertume aussi ! Je me repr\u00e9sente l&rsquo;horreur de ce convoi mortuaire, gagnant dans la can pagne couverte de neige le petit cimeti\u00e8re de Chailly\u2026, et les l\u00e9gers glacis de blanc, les tonalit\u00e9s d\u00e9licates et opalines des givres, la belle ligne des arbres sur le ciel, la famille de Millet suivant le cercueil, et la veuve, une &lsquo;\u00e9pave, rest\u00e9e au logis.<\/p>\n\n\n\n<p>Millet sut trouver pour son grand ami la tombe qu&rsquo;il e\u00fbt pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e : des rochers de la for\u00eat, des arbustes qui promettaient d&rsquo;\u00eatre vivaces et verdoyants, \u00ab un joli petit ch\u00eane enfin, dit-il, qui est de nature \u00e0 bien s&rsquo;\u00e9tendre\u2026 On ne pourra planter les houx qu&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;installation des roches, car ils nuiraient pour les travaux et leur mise en place \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Et il manifestait ainsi sa confiance in\u00e9branlable dans les symboles qui avaient guid\u00e9 leur destin\u00e9e. Ils avaient \u00e9t\u00e9 tout le contraire des \u00e9cornifleurs. Ils n&rsquo;avaient pas voulu galvauder, au gr\u00e9 des caprices de la mode, leur sensibilit\u00e9. Ils l&rsquo;avaient r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 un paysage d&rsquo;\u00e9lection, suivant l&rsquo;exemple de Poussin, de Claude Lorrain, des Hollandais, dont les yeux s&rsquo;\u00e9taient ferm\u00e9s sur l&rsquo;horizon de tous les jours ; mais, pour en faire chanter toutes les notes, ils avaient fait appel l&rsquo;un et l&rsquo;autre \u00e0 la discipline des premi\u00e8res ann\u00e9es. Rousseau, toujours, \u00e0 son insu, devait se souvenir des le\u00e7ons de Guillon-Lethi\u00e8re. Aujourd&rsquo;hui, quelques artistes ont, comme lui, le courage de leurs pr\u00e9f\u00e9rences et savent. \u2022 accorder leur vie avec leur go\u00fbts ; mais je n&rsquo;en connais pas beaucoup qui consentent \u00e0 mettre au service des arbres, des clairi\u00e8res, l&rsquo;obstination savante que r\u00e9clament de leurs peintres une acad\u00e9mie ou un portrait. Z\u00e9nobie s&rsquo;est jet\u00e9e dans la Seine entre le Grand Palais des Champs-Elys\u00e9es et le Salon des Ind\u00e9pendants. Qui donc l&rsquo;a recueillie ?<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e9andre VAILLAT.<\/p>\n\n\n\n<p>10 Avril 1912<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article publi\u00e9 le 12 Avril 1912. 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